Une vidéo de quelques secondes aura eu des conséquences judiciaires lourdes. À Marrakech, l’affaire du vendeur de fruits secs de Jemaa el-Fna, filmé alors qu’il réclamait 200 dirhams pour une petite portion de produits, continue de faire réagir après sa condamnation à dix mois de prison ferme.
À l’origine de la séquence, le youtubeur français Arthur Hennebo, très suivi sur les réseaux sociaux, avait publié les images d’une commande composée de cacahuètes enrobées de sucre, de quelques dattes et de morceaux de figue sèche. La quantité, estimée à environ 50 grammes, avait été facturée 200 dirhams.
Une vidéo devenue virale
Le prix avait immédiatement interpellé le créateur de contenu, qui l’avait jugé très supérieur aux tarifs habituellement pratiqués. La vidéo, largement relayée, avait rapidement dépassé le cadre des réseaux sociaux pour attirer l’attention des autorités.
Le commerçant, âgé d’une soixantaine d’années, avait ensuite été interpellé et placé en garde à vue avant d’être poursuivi pour escroquerie. La justice l’a finalement condamné à dix mois de prison ferme et à une amende de 3.000 dirhams. Son étal a également été fermé, tandis que d’autres commerces de la place auraient fait l’objet de contrôles.
« Je m’en veux un peu »
Après le verdict, Arthur Hennebo a repris la parole sur Instagram pour revenir sur les conséquences de sa publication. Le youtubeur a assuré qu’il n’avait jamais imaginé que sa vidéo puisse déboucher sur une condamnation aussi lourde.
« Je m’en veux un peu », a-t-il déclaré, expliquant qu’il n’avait pas cherché à provoquer l’emprisonnement du commerçant. Il maintient toutefois sa critique sur le fond et continue de considérer le prix demandé comme disproportionné par rapport à la quantité vendue.
Le créateur de contenu estime néanmoins que la peine de dix mois de prison ferme est excessive. Sa position traduit ainsi un double constat : le prix lui paraît toujours abusif, mais la réponse judiciaire lui semble aller trop loin.
Une affaire qui divise sur les réseaux sociaux
Les réactions à cette prise de position restent partagées. Certains internautes considèrent que la condamnation est justifiée et estiment que ce type de pratique nuit directement à l’image touristique de Marrakech.
D’autres jugent au contraire la peine disproportionnée au regard des faits reprochés et soulignent le décalage entre une transaction commerciale litigieuse et la lourdeur de la sanction prononcée.
Cette fracture se retrouve dans les commentaires adressés au youtubeur. Là où certains lui reprochent désormais d’exprimer des regrets, d’autres estiment qu’il ne pouvait pas anticiper la portée judiciaire de sa publication.
Au-delà du cas individuel, l’affaire pose plusieurs questions. La première concerne les pratiques tarifaires dans les zones très fréquentées par les touristes, où l’absence d’affichage clair ou de prix visibles peut favoriser les litiges et les accusations d’abus.


